Comment la Ferrari SF90 Stradale d’Amine Harit raconte, mieux qu’un communiqué, le retour d’un Marocain sans garantie à l’OM
Le contexte : un retour sans filet
Amine Harit a retrouvé la Commanderie après une saison entière prêtée à l’İstanbul Başakşehir, où il aura disputé une vingtaine de rencontres sans jamais s’imposer comme un titulaire indiscutable. Le club turc, selon plusieurs sources, n’a pas levé l’option d’achat qui accompagnait ce prêt : à 28 ans, le milieu offensif marocain revient donc à Marseille sans savoir s’il y restera au-delà du mercato estival. Son contrat court officiellement jusqu’en 2027, mais l’OM, engagé dans un dégraissement de sa masse salariale, ne semble pas avoir prévu de lui garder une place dans le projet de Roberto De Zerbi.
C’est dans ce climat d’incertitude qu’Harit a choisi de reprendre la parole sur les réseaux sociaux, non pas avec un discours de reconquête, mais avec une série de photos et un message sobre : il se dit prêt, batterie pleine. Une formule qui, volontairement ou non, entre en résonance avec l’un des clichés qui l’accompagne : celui d’un joueur installé à l’arrière d’une Ferrari SF90 Stradale noire, la première Ferrari hybride rechargeable de série jamais produite.
La voiture : une hybride qui n’a rien d’un compromis
Loin de l’image d’une hybride bridée pour l’environnement, la SF90 Stradale a été pensée par Maranello comme une démonstration de force. Le V8 biturbo de 4,0 litres délivre à lui seul 780 chevaux ; il est épaulé par trois moteurs électriques, un à l’avant droit, un à l’avant gauche, et un intégré à la transmission, pour 220 chevaux supplémentaires. Le total, 1 000 chevaux, en fait la Ferrari routière la plus puissante jamais commercialisée au moment de son lancement. La transmission intégrale, inédite sur une Ferrari de cette catégorie, permet de transformer cette débauche de puissance en motricité plutôt qu’en simple spectacle de fumée.
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Caractéristique |
Donnée constructeur |
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Puissance combinée |
1 000 ch (V8 biturbo 780 ch + 3 moteurs électriques 220 ch) |
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0 à 100 km/h |
2,5 secondes |
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0 à 200 km/h |
6,7 secondes |
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Vitesse maximale |
340 km/h |
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Autonomie 100 % électrique (eDrive) |
jusqu’à 25 km annoncés (15 à 20 km en usage réel) |
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Tour de référence à Fiorano |
1’19 »00 |
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont l’ingénierie hybride a été mise au service de la performance pure plutôt que de l’écologie d’image : les 25 kilomètres d’autonomie électrique annoncés (15 à 20 km dans des conditions réelles, selon les essais) servent surtout à alimenter un mode « Qualify » qui libère l’intégralité de la puissance combinée pendant quelques secondes décisives, exactement comme un joueur de couloir garde une pointe de vitesse en réserve pour le dernier appel de balle.
« Un monstre hybride, capable de rester économe en ville et totalement débridé sur circuit » — c’est cette dualité, plus que la seule puissance brute, qui distingue la SF90 du reste de la gamme Ferrari.
Le prix : une facture qui grimpe vite avec les options
Contrairement à une idée reçue encore répandue, la SF90 Stradale ne s’achète pas neuve à 500 000 euros : son tarif catalogue en France démarre autour de 425 000 euros pour la version coupé, et environ 467 000 euros pour la variante Spider, dépourvue de toit rigide. C’est surtout la personnalisation qui fait grimper l’addition : le pack Assetto Fiorano, orienté circuit, ajoute à lui seul près de 40 000 euros, et la plupart des configurations réellement livrées dépassent largement les 500 000 euros une fois les options cochées.
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Configuration |
Prix constaté |
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Prix catalogue neuf (coupé, France) |
à partir de 424 900 € environ |
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Prix catalogue neuf (version Spider) |
à partir de 467 000 € environ |
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Pack Assetto Fiorano (option piste) |
environ 40 000 € supplémentaires |
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Occasion la plus accessible relevée (2020, ~14 500 km) |
environ 356 000 € |
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Occasion récente à faible kilométrage (2021, ~2 400 km) |
environ 400 000 € |
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Exemplaire rare / très peu roulé |
peut dépasser 450 000 à 500 000 € |

Sur le marché de l’occasion français, les annonces recensées ces dernières semaines montrent une fourchette assez large : un modèle de 2020 avec un kilométrage déjà significatif se négocie autour de 356 000 euros, quand un exemplaire de 2021 à quelques milliers de kilomètres dépasse les 400 000 euros. Les configurations les plus rares, les moins kilométrées ou dotées d’options recherchées peuvent effectivement franchir la barre des 450 000, voire 500 000 euros, mais le seuil symbolique du million d’euros, lui, reste réservé à des pièces de compétition ou des séries très limitées, pas aux exemplaires de route standards.
Précision utile : les prix évoluent vite sur ce segment et varient fortement selon l’état, le kilométrage et les options d’origine. Les montants indiqués ici sont des ordres de grandeur constatés sur le marché français à l’été 2026, et non une valorisation officielle du véhicule d’Amine Harit, dont la configuration exacte n’a pas été communiquée.
Le parallèle : une voiture qui parle le langage du numéro 10
Il y a quelque chose d’assez cohérent dans le choix d’un joueur créatif pour une voiture qui refuse de choisir entre deux logiques opposées. La SF90 est à la fois une citadine capable de rouler en silence sur batterie et une arme de course revendiquant 340 km/h en pointe : exactement le grand écart qu’on demande à un milieu offensif comme Harit, sommé d’alterner la conservation tranquille du ballon et l’accélération fulgurante qui déséquilibre une défense. Le message publié sur les réseaux, batterie pleine, prend alors une tournure presque littérale : le joueur affiche une réserve d’énergie, sans certitude sur le terrain où il pourra la dépenser la saison prochaine.
Reste que la comparaison a ses limites, et il serait exagéré d’y voir un symbole de renouveau sportif : l’OM ne semble pas avoir changé de position sur son avenir, et la Turquie, comme la Ligue 1, guettent la suite du mercato avec la même incertitude. La Ferrari, elle, n’a pas ce problème : que son propriétaire s’appelle Harit ou un autre, elle reste l’une des supercars hybrides les plus abouties jamais sorties de Maranello, aux côtés de rivales comme la McLaren Artura ou la Lamborghini Revuelto, avec lesquelles elle se dispute désormais le segment très fermé de l’hypercar rechargeable.




