FMI : Pourquoi les Etats africains doivent-ils rejeter les programmes de l’institution ?

FMI
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur telegram
Partager sur whatsapp
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur telegram
Partager sur whatsapp

L’Afrique est un continent assis sur des richesses avec des larmes de crocodile aux yeux. Surement que les institutions financières comme le Fonds Monétaire International (FMI) en sont conscientes. Toutefois, tout est souvent mis en œuvre pour présenter le berceau de l’humanité comme un continent mendiant à la recherche perpétuelle d’aides financières. Des aides qui sont souvent présentées sous forme de programmes auxquels les pays devraient se soumettre.

Ces rapports souvent décriés entre les Etats africains et le FMI ont été analysés par Cheikhna Bounajim Cissé. Ce dernier est économiste, essayiste et expert des marchés bancaires africains.

FMI : un ami inutile de longue date ?

Depuis les années 80, la majorité des pays africains sont sous programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Les trois quarts des Africains sont nés pendant cette période. Quatre décennies d’ajustement et de réajustement après, la situation économique et sociale sur le continent n’est guère reluisante. Dans certains cas, elle s’est même sérieusement dégradée.

Assis sur des mines d’or et des gisements de pétrole, les pieds dans l’eau, les pays africains continuent à tendre, sans discontinuité et pour tout ou rien, la sébile pour obtenir l’obole. Pour perpétuer cette situation mortifère, les «aumôniers internationaux» leur délivrent même des certificats d’indigence (PMA et PPTE) pour qu’ils se prévalent de la justesse de leur quête. Et les dirigeants africains continuent à se bousculer au portillon de leurs généreux donateurs, qui pour obtenir illico presto les «précieux sésames», qui pour les conserver ad vitam aeternam.

FMI : un instrument de retardement du continent ?

FMI

 La pauvreté, la famine, les épidémies, l’insécurité (et j’en oublie volontiers des pires) sont devenus des produits d’appel fluorescents et incandescents. Plus de servitude et de turpitude pour bénéficier de plus de mansuétude et de sollicitude. Comment peut-on externaliser la conception et le financement de son modèle de développement et espérer un décollage économique ? A ce jour, après quarante ans de programme avec le FMI, il n’y a pas un seul pays africain qui a pu se développer. De deux choses l’une : soit le malade souffre d’un mal incurable, soit le médecin est atteint d’une incompétence immensurable. En toute vérité, l’Afrique est une grande question, la réponse est avec les Africains.

Lire aussi : Top 10 des pays africains les plus favorables aux investisseurs en 2021

En incipit, posons-nous une question simple de bon sens : les programmes avec le FMI, en cours depuis près de quatre décennies, ont-ils permis d’assurer le développement des pays africains ? De façon plus ludique, le traitement prescrit par le « médecin de Bretton Woods » a-t-il soigné l’Afrique des maux du sous-développement ? La réponse n’est pas au bout d’une réflexion longue. Elle saute à l’œil en s’imposant à tous, presque trivialement : c’est non. L’Afrique, cette vieille dame au silence écouté, est en petite forme. C’est OK corral, un énorme parc d’attraction pour une bonne partie du monde en quête de fantasmes en isme : affairisme, opportunisme, exotisme, angélisme, occultisme, terrorisme, esclavagisme, extrémisme, radicalisme, fanatisme, racisme…

FMI responsable à part entière ?

FMI

Les dirigeants africains, au lieu de protéger leurs peuples de cette prédation, ont aussi créé leur propre répertoire de plaisance en isme : le népotisme, le favoritisme, le clientélisme, le laxisme, le populisme, l’immobilisme, le nombrilisme, le triomphalisme, le m’as-tuvisme, l’impressionnisme…Les populations, à force de broyer le noir, ont fini par blanchir leur tableau avec un chiffon en isme : dégagisme, vandalisme, irrédentisme, séparatisme, nationalisme…

Le journaliste et diplomate Hamadoun Touré résume très bien à sa façon la situation de l’Afrique :

« Un extraterrestre qui débarquerait aujourd’hui sur le continent africain serait surpris d’apprendre que la plupart de ses pays sont indépendants depuis soixante ans. S’il a le sens de l’humour et du goût pour le théâtre, il penserait à une mauvaise comédie jouée par des amateurs. Soixante ans presque sans ride, tel lui apparaitra le continent. L’Afrique mène sa vie au jour le jour, se nourrit d’expédients à la place de prévisions, la sébile tendue, attendant l’obole. Inerte face à des puissances qui lui imposent leurs conditions, leur volonté, leur moment, leur bon plaisir en affichant parfois leur mépris. (…) L’Afrique a tout de même réalisé le miracle d’avoir atteint 60 ans sans aucune ride. Coûteuse coquetterie. Toujours dans l’innocence immaculée en train de regarder passer l’Histoire. »

Avec Financial Afrik

0
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur telegram
Partager sur whatsapp

À lire aussi