La France un Etat fautif ? Le Mali va loin et saisit l’ONU

France Mali

Le bras de fer entre les autorités de Bamako et de Paris n’est pas prêt d’avoir une fin et promet même d’avoir une dimension mondiale désormais avec l’implication de l’ONU .

Le ministre des Affaires étrangères du MaliAbdoulaye Diop, a écrit le 16 août au Conseil de sécurité des Nations unies afin de réclamer une réunion d’urgence sur la situation dans son pays.

Dans sa lettre, le chef de la diplomatie multiplie les accusations envers la France et ses soldats – dont les derniers ont officiellement quitté le territoire malien le 15 août.

Alors que le retrait de la force Barkhane s’est achevé en début de semaine, le ministre malien des Affaires étrangères a écrit une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer des violations de l’espace aérien du Mali. Abdoulaye Diop accuse aussi l’armée française de soutien aux jihadistes. L’information a été révélée par nos collègues de Jeune Afrique et RFI .

Le Mali accuse la France et se réserve le droit de faire usage de la légitime défense

Les accusations du ministre malien des Affaires étrangères ne sont pas légères : la France fournirait des armes, des munitions et du renseignement aux terroristes jihadistes sévissant au Mali. 

La lettre écrite par Abdoulaye Diop est datée du 15 août, le ministre commence par y énumérer une série de cas présentés comme des « violations répétitives et fréquentes de l’espace aérien malien par les forces françaises » : « drones, hélicoptères ou avions de chasse » auraient survolé le Mali « sans autorisation » de Bamako.

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Une cinquantaine de cas auraient été enregistrés depuis le début de l’année.  Abdoulaye Diop dénonce des « activités d’espionnage » et, plus grave encore, de « colis largués » par l’armée française, comme à Labezanga le 8 août dernier. 

Le Mali disposerait, selon le ministre Diop, de « plusieurs éléments » prouvant que ces incursions illégales dans le ciel malien ont « servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes » « et pour leur larguer des armes et des munitions. »  

Il y a une semaine, après l’attaque du camp de Tessit qui a coûté la vie à 42 soldats maliens, l’armée malienne affirmait avoir enregistré « des opérations clandestines et non coordonnées de survol » prouvant que les terroristes -en l’occurrence la branche sahélienne du Groupe État islamique- avaient bénéficié « d’un appui majeur et d’une expertise extérieure. »

En avril dernier, le Mali avait déjà dénoncé les violations de son espace aérien par l’armée française. C’était juste après l’épisode du charnier de Gossi : des corps enterrés près d’un camp militaire rendu par Barkhane aux forces maliennes.

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Charnier attribué par le Mali aux soldats français et par la France à l’armée malienne et aux mercenaires russes du groupe Wagner. Paris avait alors démenti toute violation de l’espace aérien malien et dénoncé des tentatives de « désinformation. »

Dans sa lettre, le chef de la diplomatie malienne demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et menace :

« en cas de persistance de cette posture qui porte atteinte à la stabilité et à la sécurité de notre pays, le Mali se réserve le droit de faire usage de la légitime défense. »

La France dément les accusations

Le gouvernement français est monté au créneau après les accusations de Bamako.

« La France n’a évidemment jamais soutenu directement ou indirectement ces groupes terroristes », répond l’ambassade française au Mali, qui revient sur ces neuf dernières années de lutte contre le terrorisme.

Sur son compte Twitter, l’ambassade française à Bamako a posté, dans la soirée du mercredi 17 août, un thread, c’est-à-dire une succession de messages dans lesquels elle revient sur la mission antiterroriste menée au Mali.

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Elle rappelle que « la France est intervenue au Mali entre 2013 et 2022 à la demande des autorités maliennes ».

Durant cette période, « la France a libéré de nombreuses villes maliennes qui étaient tombées entre les mains des terroristes, lesquels imposaient leur règne de terreur – interdiction de l’éducation, meurtres, punitions corporelles –, notamment à Tombouctou et à Gao », rappelle l’ambassade.

« En 9 ans, poursuit la diplomatie française, Paris a neutralisé plusieurs centaines de terroristes au Mali et mis hors d’état de nuire deux figures historiques du terrorisme dans la région » : le chef du groupe État Islamique, Adnan Abou Walid al-Sahraoui, et le chef d’al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelmalek Droukdel.

« Dans tous les communiqués des groupes terroristes, appuie l’ambassade, la France était jusqu’à son départ désignée comme leur ennemi numéro un. » 

« 53 soldats français […] dont la mission consistait, avant tout, à lutter contre les groupes terroristes » sont morts au Mali, insiste le compte @FranceauMali sur Twitter, ajoutant que « ces dernières années, la France a été meurtrie sur son propre territoire par plusieurs attentats terroristes ».

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