Thomas Partey hanté par des accusations de viol, le scandale qui poursuit le Ghanéen jusqu’au Mondial

24.08.2026

Sifflé sur les pelouses, refusé aux frontières, lâché par une partie de son propre public : l’international ghanéen traîne depuis trois ans une affaire judiciaire explosive qui n’en finit pas de rebondir. Retour sur un feuilleton où football et justice se percutent de plein fouet.

Il suffit qu’il touche le ballon pour que les tribunes grondent. Le 2 juin dernier, au Cardiff City Stadium, chaque contrôle de Thomas Partey lors du match amical Pays de Galles-Ghana (1-1) a été accueilli par une bronca. Quarante-cinq minutes sur le terrain, quarante-cinq minutes sous le feu des sifflets. Le motif ? Une affaire judiciaire qui colle à la peau du milieu ghanéen depuis trois ans, et qui n’a fait que grossir au fil des mois.

Une accusation qui ne cesse de s’alourdir

Tout démarre en février 2022, quand la police britannique reçoit un premier signalement pour viol. Pendant des mois, le nom du joueur reste protégé, même si la presse anglaise multiplie les indices qui pointent vers lui. Un avion tractant la banderole « Dégagez les violeurs du terrain » ira même survoler Selhurst Park lors d’un match d’Arsenal, sans que le club concerné soit officiellement nommé.

L’identité de Thomas Partey finit par éclater au grand jour à l’été 2025, quatre jours après la fin de son contrat avec Arsenal. Un dossier qui, loin de se refermer, n’a fait que s’épaissir : une quatrième accusatrice s’est manifestée après la médiatisation de l’affaire, portant deux nouvelles accusations de viol commises à Londres en décembre 2020. Au total, le joueur fait aujourd’hui face à sept chefs d’accusation de viol et un chef d’agression sexuelle, pour des faits qui se seraient déroulés entre 2020 et 2022.

Un procès sans cesse repoussé

Face au juge de la Southwark Crown Court, Thomas Partey a plaidé non coupable pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Un procès d’abord programmé en novembre 2026, avant d’être une nouvelle fois reporté : il ne s’ouvrira finalement que le 8 juin 2027, pour une durée pouvant aller jusqu’à huit semaines. Un délai qui, selon le juge en charge du dossier, s’explique par l’engorgement chronique des tribunaux britanniques, où les affaires les plus lourdes patientent parfois des années avant d’être jugées.

En attendant cette échéance repoussée à 2027, Thomas Partey reste libre sous caution, mais sous conditions strictes : interdiction d’entrer en contact avec les plaignantes, obligation de signaler tout voyage à l’étranger et tout changement d’adresse permanent à la police.

Un transfert qui ne passe pas, un mondial sous tension

L’affaire n’a pourtant jamais empêché les clubs de courtiser le joueur. Après Arsenal, c’est Villarreal qui a recruté le Ghanéen malgré une vague de contestation chez une partie des supporters espagnols, avant qu’il ne s’engage cet été avec Al Shabab, en Arabie saoudite. Un parcours qui illustre le grand écart entre le monde judiciaire, qui prend son temps, et celui du football, où la carrière continue de tourner.

Le scandale a même fini par rattraper Partey sur la scène la plus exposée qui soit : la Coupe du monde. Sélectionné avec le Ghana pour le Mondial 2026, il s’est vu tout bonnement refuser l’entrée sur le sol canadien, la justice de Toronto ayant rejeté le recours déposé par la fédération ghanéenne pour lui obtenir un visa. Résultat : forfait pour le match contre le Panama, une mise à l’écart aussi symbolique que retentissante pour un joueur toujours considéré, sur le papier, comme innocent tant qu’aucun verdict n’a été prononcé.

« Laver son nom » : la ligne de défense inchangée

Du côté du clan Partey, le discours n’a pas varié d’un iota depuis le début de l’affaire. Son avocate, Jenny Wiltshire, martèle que son client conteste fermement l’intégralité des faits qui lui sont reprochés et qu’il attend impatiemment l’occasion de s’expliquer devant la justice pour recouvrer son honneur.

« Il nie toutes les charges contre lui et se réjouit de l’opportunité de pouvoir enfin laver son honneur. »

— Jenny Wiltshire, avocate de Thomas Partey

 

Reste que la présomption d’innocence, aussi fondamentale soit-elle sur le plan juridique, ne fait pas grand-chose contre les huées d’un stade ou le refus d’un visa. Entre les tribunes hostiles, les frontières fermées et un procès qui n’en finit pas d’être ajourné, Thomas Partey évolue dans un entre-deux inconfortable : toujours footballeur professionnel, déjà rattrapé par une affaire dont le dénouement ne viendra pas avant juin 2027.

Thomas Partey conteste l’ensemble des accusations portées contre lui et bénéficie, comme tout prévenu, de la présomption d’innocence jusqu’au jugement de son procès.

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